Quick Access Menu ☰
Contrast: On/ Off       Text Size: A A A

Sr teresita

Sr. Teresita Kambeitz récipiendaire du Prix Higgins 2018

Une vie entière consacrée à la foi et à l’éducation a valu à Sr Teresita Kambeitz cette reconnaisssance nationale bien méritée. En effet, c’est elle la lauréate du prix Higgins pour 2018.

À la mémoire d’un distingué juriste et conseiller scolaire catholique canadien, l’honorable juge James Higgins (1913-1974) de St. Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, le conseil d’administraton de l’ACCEC décerne annuellement ce prix à une personne ou à un groupe ayant contribué de façon exceptionnelle à l’éducation catholique au Canada. Le prix James Justice Higgins représente la plus haute distinction offerte par l’ACCEC. Il est la reconnaissance d’une contribution remarquable à l’éducation catholique dans ce pays. Sr Teresita est la septième femme à se mériter cet honneur depuis sa création en 1975.

La mise en candidature du Board of Education of Greater Saskatoon Catholic Schools montre bien que l’engagement de Sr Teresita en éducation catholique a été reconnu de ses pairs.

L’engagement de Sr Teresita en éducation

La carrière d’enseignante de Sr. Teresita a commencé à Tramping Lake en Saskatchewan en 1959. 56 ans plus tard, elle occupe le poste de directrice adjointe d’Éducation religieuse au Newman Theological College d’Edmonton, campus de Saskatoon.

Sr. Teresita a consacré plusieurs années à sa vocation d’enseignante catholique. Pendant 26 ans, de 1959 à 1985, elle a enseigné de la 8e à la 12e année et occupé plusieurs postes dont celui de directrice, d’enseignante d’Éthique chrétienne et dix ans à l’aumônerie universitaire et chargée de cours au St. Thomas More College de l’Université de la Saskatchewan.

Dans sa lettre de mise en candidature, le conseil a mis en évidence la valeur de Sr Teresita en tant qu’enseignante, enseignante d’enseignants et de leader et défenseure de l’éducation catholique :

« Sr Teresita était une enseignante catholique accomplie – profondément croyante, talentueuse, brillante et possédant un charisme qui inspirait ses élèves à approfondir leur foi. »

Suite à sa carrière d’enseignement, Sr Teresita s’est vouée à appuyer le développement des enseignants catholiques laïques. Elle savait que les enseignants sont au centre de l’école et essentiels à la réalisation de la mission de l’école catholique. En 1988 elle a mis sur pied le programme de maîtrise en Éducation religieuse (MER) au Newman Theological College, où elle a été pendant 11 ans directrice et professeure. Elle a aussi développé le programme de certificat en Administration d’école catholique du Collège Newman.

« L’impact de son travail s’est fait ressentir non seulement en Alberta, mais aussi partout dans l’Ouest canadien, » clame sa lettre de nomination.

Elle a siégé pendant 22 ans au conseil de direction de la St. Angela Academy, à Prelate en Saskatchewan, dont 8 en tant que présidente. Elle a aussi offert des cours d’été pour enseignants dans les Caraïbes, en Latvie, en Afrique du Sud et à l’Université de Régina. Elle a été conférencière invitée à plus de 300 congrès et évènements éducatifs, et elle a fourni des articles pour plusieurs publications catholiques.

« Sr Teresita comprend profondément les exigences auxquelles sont soumis les enseignants et enseignantes catholiques. On ne peut en dire autant des différents niveaux de gouvernement. Sr Teresita, dans son style posé mais clair et déterminé, les a souvent mis au défi, » de dire le conseil de direction, en expliquant comment ses revendications lui ont permis de développer des cours d’éducation religieuse crédités au niveau du baccalauréat à l’Université de la Saskatchewan. Elle a aussi obtenu l’accréditation de cours du deuxième cycle en théologie et en éducation religieuse pour la formation des maîtres de la part des agences gouvernementales de l’Alberta et de la Saskatchewan.

« Sr Teresita a porté le flambeau de l’éducation catholique de plusieurs autres façons, mais nous ne pouvons pas toutes les décrire ici faute d’espace, » écrit le conseil.  « Notre conseil scolaire a été témoin du profond impact de l’implication d’une vie en éducation catholique de Sr Teresita. Elle mérite sans aucun doute le prix Higgins. »

Et le conseil n’a pas été seul a lui offrir son appui.

Le Père Ron Beechinor et Ken Loehndorf ont aussi écrit des lettres d’appui à la candidature de Sr Teresita.

« En 56 ans de service exceptionnel en éducation catholique au Canada, Sr Teresita elle a contribué de façon significative dans plusieurs rôles, » écrivait M. Loehndorf. « Elle est reconnue comme véritable leader en éducation catholique et a toujours personnifié un leadership de service dans toutes ses entreprises. »

La réaction de Sr Teresita

En apprenant qu’elle avait gagné le prix, la réaction de Sr Teresita était mitigée.

« J’ai tout de suite pensé à plusieurs personnes très importantes qui m’ont offert de belles opportunités dans mon ministère éducatif, » dit-elle.

Parmi ces gens, on retrouve le Père Wilf Murchland, CSC, président du Newman Theological College dans les années 80, qui l’avait invitée à joindre le corps professoral et à mettre sur pied le programme de MER, le second programme de MER catholique au Canada à l’époque.

« C’est un engagement auquel je n’aurais jamais même rêvé, » dit-elle.

Puis, en 2009, Ken Loehndorf, directeur général de la Saskatchewan Catholic School Boards Association, a demandé à Sr Teresita de mettre sur pied un programme de MER pour les enseignants et les enseignantes de sa province, malgré le fait « …qu’à l’époque, la possibilité de le faire reconnaître par les autorités gouvernementales semblait hautement improbable. »

Avant la proposition du Père Murchland, la supérieure de Sr Teresita, Sr Rose-Anne Engel, l’incitait depuis plusieurs années à entreprendre un doctorat.

« Alors vous voyez, n’eut été de l’incitation des autres, j’aurais probablement volontiers poursuivi ma carrière d’enseignante au secondaire, » explique-t-elle. « L’obtention de mon doctorat m’a apporté une foule d’opportunités. Voilà pourquoi ma réaction positive à l’appel de M. Gazzola ( président de l’ACCEC ) a été tempérée par ces paroles de l’Évangile : Je n’ai fait que ce qu’on m’a demandé de faire…

( paraphrase de Luc 17 : 10 ). »

La catholicité en salle de classe

À la question concernant l’importance de l’intégration des enseignements catholiques à l’école, elle répond avec une passion évidente.

« Chaque matière scolaire ouvre un sentier sur la vérité – la vérité sur nous-mêmes, sur le monde, sur la création, sur Dieu. Les enseignements catholiques permettent à ces sentiers de converger, ce qui donne un sens et une direction à toute cette poursuite académique, » dit Sr Teresita. « Sans cet ancrage dans la foi, chaque matière reste un simple élément d’information, un morceau de connaissance inerte, dirait Alfred North Whitehead. Chaque matière – la physique, l’histoire, la littérature, etc. – prend une signification plus profonde lorsqu’intégrée et soutenue par la lumière de la foi catholique. Les élèves ne sont pas seulement informés, mais aussi transformés en des personnes humaines à part entière. »

Ayant grandi dans une église pré-Vatican II qui, comme elle le dit, était formidable sous plusieurs aspects mais de perspective plutôt étroite, elle a eu de la difficulté en tant que jeune religieuse à pleinement adhérer, spirituellement et intellectuellement, à la théologie de Vatican II.

« J’étais dans cet état de trouble lorsqu’on m’a demandé d’enseigner l’Éthique chrétienne au niveau secondaire. J’ai constaté beaucoup de confusion chez les élèves et aussi chez les enseignants, » explique-t-elle. Elle ajoute que l’expérience des Trente jours d’exercices spirituels a été un don indescriptible, car la rencontre du Christ de l’Évangile ( se distinguant de celui de sa dévotion personnelle ) a modifié sa perception de la religion, la faisant passer d’une idéologie à une foi scripturale/expérientielle. « Forte d’une appréciation plus profonde et plus large du catholicisme, et suite à des études théologiques plus approfondies, on m’a demandé d’assumer de nouvelles responsabilités de leadership en éducation catholique, comme je l’ai déjà mentionné. Les opportunités ont continué de se présenter encore et encore. »

Sr Teresita offre une réflexion sur ce que l’école catholique peut faire pour contribuer à l’expérience globale de croissance et d’apprentissage des élèves.

« Si l’école catholique veut contribuer au bien commun dans notre société de plus en plus pluraliste, il faut absolument que les enseignants et les enseignantes catholiques offrent des cours d’éducation religieuse de façon à développer la pensée critique, ainsi que la tolérance et le respect envers toutes les traditions religieuses, » dit-elle. « Il y a dix ans, une étude albertaine nous mettait en garde contre certains groupes religieux qui peuvent élever les enfants d’une manière que nous abhorrons.  Pour éviter que les enseignants s’accrochent à une croyance détestable, il faut leur permettre de grandir dans une perspective religieuse christocentrique qui évite l’endoctrinement et favorise une réflexion critique et une ouverture aux autres religions. C’est le but éducatif dans lequel je m’engage. Je crois que nos écoles ne seront véritablement catholiques que si les administrateurs et les enseignants qui y travaillent endossent le rôle de modèles du Christ, à travers les valeurs de l’Évangile et la théologie de Vatican II. »


*

L’engagement de Sr Teresita envers l’éducation catholique et véritablement contagieux. Nous attendons avec impatience ses commentaires lors de la remise du prix Higgins à notre congrès/AGA à Kelowna en juin prochain.